Les 6 pièges classiques des offres d’emploi

Si les recruteurs maitrisent l’art de déceler toute anomalie de notre parcours professionnel en passant au scalpel notre c.v., un peu d’expérience et un oeil aguerri suffiront au chercheur d’emploi pour éviter les 6 pièges classiques des postes vacants.

Le panier de crabes

Vous n’avez pas terminé d’accrocher les dessins de vos enfants que déjà vous entendez murmurer dans votre dos. La vérité, c’est que vous n’étiez pas encore engagé que vos futurs collègues vous détestaient déjà. Pas besoin de vous connaître, ils inventeront les pires histoires sur votre passé pour miner toute crédibilité que vous auriez pu espérer avoir.

Le panier de crabes, c’est l’équipe de travail qui se livre une guerre intestine depuis des temps immémoriaux. Les objectifs à atteindre et les défis à réaliser se retrouvent en dernier sur la liste des priorités de vos collègues, alors que vous prendre en défaut à la moindre phrase que vous prononcez figure tout en haut.

Comment éviter les paniers de crabes? Portez une attention toute particulière à la façon dont le directeur vous parle de son équipe, lors de l’entrevue. S’il fait souvent référence à des caractères forts, que son équipe est à un moment charnière et qu’il cherche à la renouveler car ils sont présentement dans une phase de transition, il y a de fortes chances que lui-même ait peur de se faire crever les pneus de son char pendant l’entrevue.

Le Potemkine

Dans le temps de la Russie avant que ça devienne l’URSS, une reine devait passer par un village vraiment laitte. Le maire, conscient que son village faisait dur, a eu la brillante idée de faire recouvrir de carton pâte la façade des maisons de la rue principale pour les reniper un peu. Bien sûr la reine s’en est aperçue, pis encore aujourd’hui on parle du maire Potemkine.

Certains diront que cette histoire est une pure invention, mais je vous assure pourtant qu’il s’agit d’une technique régulièrement utilisée en recrutement. Conscients que le poste est plate à mort, de peur que personne n’appliquent dessus, les recruteurs inventent ou gonflent des responsabilités et des tâches que vous ne ferez jamais dans les faits.

Vous tombez sur une description d’emploi qui a l’air vraiment super. Pleins de beaux défis; du conseil stratégique auprès du PDG, quel privilège! Mais pourtant, il y a une dernière tâche à la fin qui détonne un peu. Vous vous dites que les descriptions de tâches, c’est comme la liste des ingrédients sur un carton de bouffe, ils apparaissent en ordre d’importance. Pourtant, à l’entrevue, les recruteurs insistent drôlement pour vérifier si vous avez de l’expérience pour cette tâche. Ok, alors vous êtes en train de me dire que pour vous, sortir les bouteilles d’eau pour le conseil d’administration, c’est du conseil stratégique au PDG? Laissez donc faire.

Le jambon pressé

Vous êtes vous déjà demandé « comment se faisaient les nouveaux postes? » Ceux qui ne sont ni des promotions, ni des remplacements, ni rien de rien. Vraiment un nouveau? Moi oui.

C’est l’histoire d’une tâche super plate à faire – mais obligatoire – qui arrive dans l’équipe pis que personne veut avoir. Bien que la directrice l’ait refilé au petit nouveau pendant un certain temps, le petit nouveau finit par prendre du galon pis il se rend ben compte qu’il veut travailler sur d’autres choses que cette affaire plate là. Faque on le refile au nouveau petit nouveau.

Mais cette stratégie-là, elle dure juste un temps. Parce que tout le monde sait que les tâches plates arrivent toujours plus vites que les agréables. Faque ça finit par faire une pile de projets plates à faire, assez pour occuper quelqu’un 35 heures semaines.   C’est à ce moment que la directrice a l’idée de génie d’ouvrir à l’externe un nouveau poste, remplis de défis (voir le Potemkine). Et c’est vous, les chanceux, qui appliquez dessus. Vous voulez l’évitez? Demander à l’entrevue pourquoi le poste n’a pas été offert à l’interne avant.

Le siège éjectable

On le reconnaît au nombre de fois qu’on peut voir passer la même annonce au cours d’une année. C’est souvent l’histoire d’un directeur trop exigeant ou qui ne sait pas ce qu’il veut, ou du moins que les personnes qui travaillent pour lui ne sont jamais à la hauteur de ses attentes. Ce peut également être le symptôme d’un des types de postes précédemment cités.

Un excellent moyen de détecter le siège éjectable, si vous ne voulez pas passer votre temps à regarder les sites d’emploi, c’est d’attendre la fin de votre entrevue – plus précisément au moment où on vous demande si vous avez des questions pis que vous savez jamais quoi dire – et poser cette question au directeur : « La personne qui occupait le poste avant, pourquoi elle est partie? Et ca faisait combien de temps qu’elle occupait le poste? » Si on vous répond qu’elle a travaillé 6 semaines pour ensuite aller relever de nouveaux défis, c’est mauvais signe.

Le remplacement de congé de maternité

Exigences de base : baccalauréat et 8 années d’expérience. Contrat de 12 mois sans possibilité de renouvellement. Mais avant d’aller plus loin, calculons un peu… Bon, si t’as pas pris de sabbatique durant ton cegep pour aller au Guatemala faire du travail humanitaire, et que t’as étudié full time jusqu’à la fin de ton bacc, disons que tu diplômes à 22 ans. Ajoutes 8 ans d’expérience, t’es rendue à 30.

Faque tu te présentes à l’entrevue parce que l’emploi a l’air vraiment intéressant – un tremplin pour ta carrière même – parce que sinon tu laisserais pas ta permanence que t’as eu 5 années auparavant pour un contrat d’un an ferme. Pis à l’entrevue, tu te rends compte que tu es plus vieille que la fille qui part en congé de maternité et que t’as donc plus d’expérience qu’elle. Au fur et à mesure que tu réponds aux questions, tu lui vois la face changer à la déception. Étrangement, plus l’enthousiasme du directeur monte, plus celui de la fille en maternité descend.

Parce qu’il y a une règle universelle non écrite dans les grands livres du recrutement; la fille qui part en congé de maternité a bien plus la chienne que son remplaçant soit meilleur qu’elle que l’inverse et préfère de loin réparer vos pots cassés que de revenir dans l’ombre de vos succès. Donc, si, à la fin de l’entrevue, la fille à remplacer vous serre la main en regardant derrière elle et ne vous rappelle jamais, prenez-le comme un compliment.

La pêche à la ligne

Que vous alliez consulter leur site internet en automne, en hiver ou en été, cette entreprise semble toujours être en besoin urgent de nouvelle main-d’oeuvre qualifiée. Vous avez pourtant envoyé votre c.v. il y a quelques semaines et puis, plus rien. Vous auriez roulé votre c.v. dans une bouteille pour la jeter dans le St-Laurent que vous auriez eu plus de chance de recevoir un accusé-réception ou même un petit téléphone.

Le poste pêche à la ligne, c’est la compagnie qui n’est pas vraiment en recrutement, mais qui laisse des descriptions de poste ouvertes desfois qu’elle tomberait sur une perle rare. C’est l’équivalent de sortir avec un gars qui laisse son profil ouvert sur Réseau Contact, desfois qu’il tomberait sur une fille vraiment plus cool que vous. Portez donc attention à la date d’affichage du poste, si c’est daté de 2013, évitez d’être le prochain poisson et ne perdez pas de temps à personnaliser votre lettre de présentation pour cette entreprise.

 

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Entre les lignes

Ne dites pas que vous êtes au chômage, mais entre deux emplois. Ne dites pas non plus que vous êtes célibataires, mais entre deux relations. Et vous n’êtes pas en appartement, mais entre deux maisons.

Combien de formulations obscures va-t-on encore inventer pour dire en fait que vous n’en avez pas, actuellement, d’emploi? Parce qu’en plus de lui imposer l’effort mental de comprendre que « ha, y’é au chômage », votre interlocuteur déduit également que vous l’assumez pas pantoute; et même que vous avez peut-être quelque chose à cacher à ce sujet…

Personnellement, je ne vois pas de mal à être sur le chômage – même si on dit aujourd’hui « assurance-emploi » – et je trouve même dommage qu’avec ce genre de formulation, on accentue sa stigmatisation.

Côté efficacité aussi, je doute que cette formule score beaucoup. Quelqu’un pourrait par exemple conclure que la personne « entre deux emplois » a justement déjà trouvé son futur emploi, et ne pensera pas à lui s’il voit passer une offre intéressante. Pas la meilleure façon de réseauter, donc.

Si vous craignez de vous faire juger par quelqu’un lorsque vous lui dites que vous êtes en recherche d’emploi, c’est que vous n’avez sûrement pas assez confiance en son jugement ni en sa grandeur d’esprit. Est-il nécessaire alors de lui mentionner quoique ce soit à votre sujet si vous ne lui faites pas confiance? Peu importe votre phrasage, cette personne trouvera toujours une manière de vous dénigrez si elle y tient.

Bref, si vous êtes au chômage, apprenez plutôt à chômer avec style!

La résolution tranquille

Le temps des fêtes est terminé. Laissant derrière nous les rencontres familiales festives, la gelée de canneberges, les réunions d’amis qui ne se voient qu’une fois par année et les lectures non productives.

Et bien que ce temps en soit un de réjouissances, il nous offre également une foule d’opportunités de nous comparer aux autres. V. a maintenant sa propre start-up à Mexico, M. travaille aux affaires étrangères avec les jets sets internationaux, C. a gardé sa taille du secondaire, A. a accouché de son deuxième cette année.

Mais qu’est-ce que j’ai fait moi?  À part faire un peu plus de cheveux blancs dans un bureau? À part ouvrir le cahier de La Presse + sur les jeunes leaders de demain pour voir la bette de ces moins de 30 ans qui marqueront leur domaine et soudainement me rappeler que j’aurai prochainement 33 printemps?

J’imagine que c’est pour cela que le temps des fêtes, c’est aussi le temps des résolutions.  Gonflés à bloc par notre propre sentiment de ne pas être assez, on veut être plus, on veut être mieux.

Cette année pourtant, je n’en ferai pas, de résolutions. Je veux me permettre d’être qui je suis à défaut de pouvoir être qui je veux.

Parce que ça fait deux ans que j’essaie de partir ce blogue, et qu’à chaque fois, l’image n’est pas assez belle à mon goût, le texte pas assez bien ficelé, le concept pas assez original.  Et j’efface tout. Et je recommence. Et je ré-efface tout.

Non, cette année, je ne ferai pas de résolutions pour être meilleure.  Mais je ferai celle où je me laisserai le loisir d’écrire avec quelques fautes d’ortographe, des phrases pas tout à fait justes.  En me disant qu’au moins, je réaliserai ce souhait d’écrire et de partager ces écrits avec vous.

Car 2016 sera pour moi l’année de la résolution tranquille.