Le mythe du « grouille-toi-le-cul »

Chacun fait notre destin… Merci Pierre pour cet excellent article!

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Pourquoi Linkedin, c’est plate.

C’est pas que j’y ai pas donné de chances.  Je me suis inscrite à des groupes de discussion, lancé quelques sujets, choisi ma meilleure photo de profil.  J’ai recommandé des collègues, détaillé même les compétences les plus basic– du genre « maîtrise Outlook » – pour ce Linkedin insatiable qui veut tout savoir de mon parcours professionnel. J’ai même pris un cours, une journée de temps.

Rien à faire. Que j’y aille souvent – pas souvent – longtemps, que je lise attentivement un article ou que j’en survole quelques-uns, j’en reviens constamment à la conclusion que Linkedin, c’est plate.

 

5 raisons pourquoi Linkedin, c’est plate.

 

Parce que tout le monde a l’air des champions. Qu’on soit à l’école, au chômage, en emploi, à la retraite, on dirait que tout le monde performe partout, tout le temps, dans tous les domaines.

Parce que les citations de Steve Jobs, on les connaît toutes par cœur. Oui, le mec est bien inspirant, mais ce n’est pas parce que tu le cites que tu le comprends et surtout, que tu l’appliques.

Parce que pour 10 articles générés, y’en a juste 1 qui est lu… à moitié. Peut-être qu’on n’a pas besoin d’un cent-vingtième article sur l’importance de changer pour innover.

Parce que l’interface est pas conviviale pour deux cennes.  Où est rendu l’annonce du poste que tu avais vu passer il y a deux jours?  Enfoui dans le grand vortex du fil d’actualités de Linkedin, tourbillonnant parmi 14 articles sur le changement, 22 citations de Steve Jobs et 37 images de gestionnaires habillés en super héro.

Parce que voir qui a consulté notre profil, c’est weird. Mais vraiment weird. Surtout quand c’est ton ex.

 

 

 

 

Le plus tôt possible

Ou comment s’assurer de ne jamais recevoir une réponse à temps.

 

S’il y a une chose que j’ai apprise rapidement sur le marché du travail, c’est que demander une réponse le plus tôt possible est le meilleur moyen de recevoir une réponse en retard.

Pourquoi?  Parce qu’elle laisse au destinataire la liberté d’interpréter selon ses propres balises le moment où il devient possible de répondre à votre demande. Pour certains, cela peut être assez rapidement, mais habituellement, avec le lot d’urgence et de demandes de toutes sortes qui arrivent, votre plus tôt possible risque de se transformer en « quand j’aurai passé à travers tout ce que je dois faire et qu’il me reste du temps libre, de l’énergie et que je me rappelle encore de ta demande en passant à travers mes courriels ».

Vos alliés; précision, sens et modération.

Pour vous aider à recevoir vos réponses à temps, privilégiez trois aspects dans votre demande; la précision, le sens et la modération:

La précision; il est mieux de donner une date, même une heure limite de retour pour une réponse.  Si vous utilisez le courriel par Outlook par exemple, il y a même la possibilité de placer un rappel au destinataire au moment de votre choix.

Le sens; plutôt que de perpétuer la culture du « tout est urgent tout le temps », expliquer en quoi vous avez besoin de cette information avant telle date.  Elle permettra à votre destinataire de comprendre en quoi son action permettra de vous venir en aide et de collaborer à votre projet.

La modération; utilisez avec modération les buffers, soit les périodes « tampon », comme dans l’exemple ci-dessous:

  • un PDG demande à ses directeurs une réponse dans un mois,
  • qui demandent la réponse à leurs chefs de services dans trois semaines,
  • qui demandent une réponse à leurs chefs d’équipe dans deux semaines,
  • qui demandent une réponse à leur équipe demain matin.

 

Finalement, est-ce si pressant?

Pour terminer, il est également bon de se demander si le moyen de communication pour transmettre notre demande est le plus approprié compte tenu du besoin ou de l’urgence. Bien qu’il soit pratique et qu’il « laisse des traces », le courriel n’est pas toujours le moyen le plus rapide d’obtenir ce dont vous avez besoin. Le téléphone peut être plus efficace pour les demandes individuelles, et de courts ateliers de travail peuvent l’être pour une réponse « collective ». Il est donc important d’ajuster le canal de communication en fonction de la « réelle urgence » et de son contexte.

 

 

 

Gestionnaire de contenant

 

Vous avez planché fort sur votre document; 10 pages de constats, enjeux, propositions de solutions. Fin prêt pour votre atelier de travail avec les gestionnaires, vous souhaitez maintenant recueillir leurs commentaires et leurs orientations stratégiques.

13h30. Début de la rencontre.

  • Les verbes de la page 2 pourraient tous être à l’infinitif.
  • Il manque un point-virgule dans l’énumération de la diapo 7.

13h45. Ça continue.

  • On pourrait changer « supporter » par « soutenir », ça fait plus beau.
  • L’encadré de la diapo 3 pourrait être plus bleu que vert.

14h00. Toujours pas un mot sur le contenu.

Déjà un tiers du temps de l’atelier s’est envolé et vous n’avez toujours pas obtenu de commentaires de fond sur votre document. Pourtant, vous vous dites que vous n’êtes pas du genre torchon, vous écrivez assez bien le français et portez un certain intérêt à l’esthétique… Perplexe, vous essayer de comprendre, de trouver une explication.

14h15. Ça y est. Au moment où on vous demande de changer la virgule pour un point à la diapo 4, le diagnostic devient clair : vous êtes devant un cas de « gestionnaire de contenant ».

Colorful picture frames

Le gestionnaire de contenant, cet oiseau plus ou moins rare de nos organisations.

Le gestionnaire de contenant porte un intérêt maladif à la présentation des documents.  La bonne façon d’écrire le français, de mettre en forme un tableau, de dessiner un schéma, il n’y en a qu’une, et bien sûr, c’est la sienne.  Et il appert que le gestionnaire de contenant s’est investi d’une mission quasi chevaleresque de montrer à tous comment on présente ça, un document.

Mon Conseil Gratis vous propose donc aujourd’hui:

4 comportements à adopter lorsque vous faites affaire avec un gestionnaire de contenant.

1-Rester calme

Parce qu’une réunion avec un gestionnaire de contenant, c’est particulièrement déstabilisant.  C’est comme si, après une présentation devant un groupe, le premier feed-back qu’on vous faisait était que vous aviez un brin de persil coincé entre les dents. D’un côté, c’est gênant, de l’autre, c’est presque offensant pour tout le travail que vous y avez investi. Rester calme vous permettra de ne pas entrer en mode défensif pour plutôt miser sur votre atout le plus important; votre expertise.

2-Comprendre pourquoi le gestionnaire jette son dévolu sur la couleur de l’encadré

Il n’y a pas de raison universelle qui pousse le gestionnaire à téter sur la police de caractère de vos phrases. Mais une lecture du contexte peut vous aider à comprendre ses raisons et ainsi vous permettre de désamorcer la situation.

            Les nouveaux gestionnaires

Rapide, efficace, clé en main. Gérer le contenant d’un document est une solution idéale pour ceux qui veulent affirmer leur nouveau statut de décideur. La vérité, c’est que « marquer son territoire » de la sorte ne favorise pas la collaboration à long terme, pire, la crédibilité du nouveau gestionnaire pourrait en être affectée. Face à cette stratégie, patience et compassion; le nouveau gestionnaire finira par prendre confiance, par mieux comprendre le contexte de vos interventions, et passera outre le logo pas tout à fait centré de votre document de travail.

            Les luttes internes

Ils sont CONTRE.  Pas contre votre document, contre le projet pour lequel vous travaillez. Ils pourraient l’affirmer haut et fort, mais c’est une commande d’en haut et ils n’ont pas le choix d’embarquer. Et c’est votre mise en page qui fera les frais de leur frustration. Devant ces cas, ne prenez-pas le blâme trop personnel, vous n’êtes pas le seul à voir dans son jeu, mais une intervention politique pourrait être nécessaire si ce type d’intervention finit par nuire à l’avancement du projet.

            Les perdus

Ils adoreraient mettre leur grain de sel stratégique, ils aimeraient tellement avoir une plus-value dans le projet. Le hic, c’est qu’ils ne comprennent pas. Ne comprennent pas le projet, ne comprennent pas votre démarche, ne comprennent pas votre rôle. Le gestionnaire de contenant cherche le sens de tout ça, mais en attendant, il lui semble que les colonnes pourraient être mieux alignées.  Dans ce cas, n’hésitez pas à proposer poliment à ce gestionnaire, en privé, un petit atelier de mise à niveau du projet et de son contexte.

3- Conserver l’équilibre contenant-contenu

Tout comme vous, j’aime remettre des documents de qualité, mais pour ne pas en faire une maladie, j’ajuste le niveau de « perfection » selon le but du document. À l’étape de l’atelier de travail, n’hésitez pas à rappeler l’objectif de la rencontre; si les conversations sur la forme prennent constamment le dessus sur le fond, rassurez les participants qu’un contrôle qualité sera effectué à la toute fin du processus de production du livrable, lorsque tous les éléments de contenu seront entièrement « cannés ».

4- Conciliant, mais ferme

Lorsque vous vous sentez « challengés » sur des éléments de forme, il est normal d’avoir le réflexe d’obéir. Après tout, vous vous dites « Comment ne pas combler un si petit désir ? »

Rappelez-vous cependant que peu importe votre rôle dans l’organisation, vous avez été embauché pour une raison; votre expertise. Et cette expertise est précieuse, même si elle n’est pas toujours valorisée comme vous le souhaiteriez. Demeurez vigilants; parfois un changement de mot peut dénaturer le propos.  Si vous sentez qu’à force de modifier le contenant, le contenu en est atteint, soyez fermes et expliquer les conséquences de cette modification. Cela permettra de réaffirmer votre expertise et même de bâtir la confiance dans votre collaboration avec ce gestionnaire.

Une opportunité intéressante…

Une collègue à moi me racontait récemment qu’il lui arrivait d’ajouter délibérément des fautes d’orthographes dans ses documents afin de dévier l’intérêt des gestionnaires sur la forme, lui laissant le champ libre sur le fond. Comme quoi, bien que déstabilisants, les gestionnaires de contenant sont un atout intéressant dans les cas où vous souhaiteriez en « passer une »… 😉