5 trucs infaillibles pour démotiver et démobiliser vos employés

C’était en secondaire II dans ma classe d’anglais enrichi.  J’arrivais de la pause à feuilleter le Filles D’aujourd’hui. Bien installée à mon pupitre au fond de la classe – juste comme le prof allait commencer la leçon – Marie-Ève Martel se retourne vers moi et me chuchote: « Pourquoi tu roules le bas de tes jeans? C’est tellement laid! »

Je me rappelle de cette scène comme si c’était hier.

Pas parce que j’avais honte (quoique sur le coup, j’ai dû rougir!).

Mais parce que Marie-Ève venait de me rendre un fier service.  Par ce simple commentaire, elle m’avait démontré comment parfois on ne s’aperçoit pas qu’on est vraiment dans le champ, même si on a l’impression qu’on connaît tous les trucs tendances.

Depuis ce temps, il n’est pas rare que j’utilise le contre-exemple comme levier d’apprentissage et de développement personnel ou organisationnel! Voilà donc l’intention derrière mon billet qui présente aujourd’hui:

♠ 5 trucs infaillibles pour démotiver et démobiliser vos employés ♠

Si les recherches et l’intérêt du management tournent habituellement autour de l’art de motiver et de mobiliser les employés, moins d’attention est portée sur les raisons qui les démotivent.  Et pourtant, en avez-vous déjà rencontré beaucoup, vous, des nouveaux employés qui n’étaient pas motivés à commencer leur nouvel emploi?  Qui entraient de reculons à leur première journée de travail? Moi, jamais.  Et c’est pour cela qu’à mon avis, avant de débuter son plan de mobilisation du personnel, tout gestionnaire devrait se questionner sur les raisons probables de leur démotivation au fur et à mesure qu’ils évoluent dans l’organisation.

Truc infaillible numéro 1: LE COUP DU BOUCHE-TROU

Quoi de mieux pour démotiver un nouvel employé que de lui faire rapidement sentir qu’il est le bouche-trou de service? Que puisque Jean-Guy venait de quitter précipitamment son poste, il fallait le remplacer sur le fly, peu importe c’est qui? Que le projet sur lequel on l’affecte est dû à une obligation légale dont on a absolument rien à faire, mais qu’il faut quand même faire? Que le nouveau n’arrivera jamais à la cheville de la personne qu’il remplace?

Pour lui donner cette impression, plusieurs options s’offrent à vous; parlez avec détachement et désintérêt du poste dès l’entrevue, reconnaissez peu les expériences passées de l’employé, ne donnez pas suite à ses demandes d’information, oubliez d’informer l’équipe qu’un nouvel employé arrivera lundi et ne faites surtout, SURTOUT, aucun suivi avec lui pour voir comment il apprécie son nouvel emploi.

Truc infaillible numéro 2: EN DEMANDER TOUJOURS PLUS AVEC TOUJOURS MOINS

C’est dans l’air du temps, vous vous dites!  L’important, c’est de s’assurer que l’employé reçoive des messages comme quoi il doit toujours être plus rapide, plus efficace, plus débrouillard, sans jamais lui donner de la formation ni des outils de travail plus performants (contraintes budgétaires obligent!). Et ne prenez aucune de ses suggestions pour améliorer sa performance, il pourrait avoir l’impression qu’il est plus qu’un exécutant dans l’entreprise, et on ne veut surtout pas ça!

Truc infaillible numéro 3: CULTIVER L’AMBIGUÏTÉ

L’ambiguïté a ce petit quelque chose qui permet à l’employé de ne jamais savoir sur quel pied danser. Même s’il déploie énormément d’énergie pour atteindre les objectifs établis, il y aura toujours quelqu’un de mécontent. Le mieux, c’est de cultiver l’ambiguïté à travers la lignée hiérarchique; car l’employé ne saura plus à qui il doit rendre des comptes;   « Yvon le chef de service veut ci, mais Johanne sa directrice veut pas ça » – « Lucie ta chef d’équipe aimerait qu’on améliore cette activité, mais Claude le directeur considère que c’est une perte de temps » sont des exemples inspirants.

Truc infaillible numéro 4: LA MÉTHODE DU 1 POURQUOI

Vous connaissez la méthode des 5 Pourquoi? Oui? Et bien celle du 1 Pourquoi, c’est pareil, sauf que dans ce cas-ci, y’a juste un Pourquoi, pis y’a juste une réponse: « C’est la faute de l’employé ».  Démotivation assurée.

Truc infaillible numéro 5: PRIVILÉGIEZ LA RECONNAISSANCE ARBITRAIRE

L’absence de reconnaissance, c’est démotivant.  Mais la reconnaissance arbitraire, c’est plus que démotivant, c’est démobilisant.  Car en plus de ne pas avoir l’impression d’être reconnu pour ses efforts, l’employé entendra ou sera témoin de signes de reconnaissances pour ses collègues, mais sans jamais qu’ils soient expliqués, sans jamais qu’on comprenne vraiment pourquoi.  Un truc facile, c’est de toujours parler en bien de collègue A à collègue B, sans la présence de A bien sûr, et vice-versa.  Les résultats dans une équipe relèvent presque de la magie!

 

CONCLUSION

En mode comme en gestion, être à l’affût des dernières tendances ne nous protège pas de commettre quelques fautes de style!

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Réorientation professionnelle; pour mieux vivre et choisir sa vie

Ça s’installe subtilement, tranquillement… sans vous en rendre compte ou presque.  Vous sortez d’une réunion, vous commandez un café, et tout à coup vous vous dites que ça doit dont être le fun être barista. Puis, vous regardez par la fenêtre; « Tiens, ça doit être plaisant, être préposé au stationnement! » Et plus les jours passent, plus vous vous imaginez dans l’autobus à la place du chauffeur qui vous conduit à votre boulot… jusqu’au moment où vous vous dites : c’est peut-être le temps que je change de branche!

Ça s’installe comme une brique sur la tête.  Votre conjoint vient d’obtenir une super promotion… en Nouvelle-Écosse.  Bien qu’enthousiasmée par l’idée de déménager, l’idée d’apprendre l’anglais des affaires dans votre domaine vous plaît beaucoup moins que celle de plonger tête première dans votre rêve de jeune fille : devenir couturière.

Qu’elle soit d’origine interne ou externe, la décision de se réorienter professionnellement apporte son lot de conséquences.  À l’occasion du rendez-vous « Café, plaisir, emploi » du 14 mars dernier,  j’ai eu la chance d’assister à l’atelier « Réorientation professionnelle pour mieux vivre et choisir sa vie » donné par Julie Gouin, conseillère d’orientation.  Par ses questions pertinentes et la maîtrise de son sujet, Julie a su livrer un contenu de qualité en fournissant des pistes concrètes pour tous ceux qui désirent amorcer une réorientation professionnelle.

Je vous résume ici les 4 étapes de la démarche de réorientation professionnelle que Julie propose;

1- Le temps des bilans

Dans un premier temps, il est important de faire le point sur nos valeurs, nos intérêts et nos compétences. Si la raison de changer de domaine est interne, par exemple, si on se sent malheureux dans notre travail, il est recommandé de distinguer si c’est le domaine qui ne nous intéresse plus, ou si c’est Roger notre collègue qui nous tape trop sur les nerfs. Pour nous aider à y voir plus clair et à prendre notre décision, Julie nous recommande de tenir un journal quotidien de nos impressions par rapport à notre boulot.

2- Faire ses devoirs 

À la suite du bilan, Julie nous invite à explorer les possibilités qui s’offrent à nous. Une des premières craintes à laquelle nous sommes confrontés lorsque nous pensons à nous réorienter professionnellement, c’est cette peur de retourner aux études avec des gens qui ont la moitié de notre âge.  Pourtant, ce n’est pas toutes les réorientations professionnelles qui exigent un retour drastique aux études à temps plein pour les 4 prochaines années!  En plus des programmes de reconnaissance des acquis offerts par de nombreuses institutions d’enseignement, il existe plusieurs formules d’apprentissage pour convenir à notre situation (cours de soir, en ligne, à temps partiel). Si finalement, notre réorientation professionnelle passe par un retour formel au cégep, Julie nous invite à réfléchir aux aspects positifs d’un contexte multi-générationnel en apprentissage.

L’important à l’étape de l’exploration, souligne Julie, c’est d’être conscient autant de nos contraintes que de nos croyances, et de tester ces croyances sur la réalité. Vous seriez étonnés également d’apprendre que certains programmes d’études accueillent majoritairement des personnes en réorientation professionnelle!

3- Se fixer un objectif

Maintenant que vous avez une meilleure idée de qui vous êtes et des possibilités qui s’offrent à vous, Julie propose de se fixer un objectif concret. Avons-nous une idée du poste désiré, de l’employeur convoité?  Se fixer un objectif précis permet de nous ouvrir les yeux sur les opportunités qui s’offrent à nous et que nous ne remarquerions peut-être pas autrement. C’est un peu comme poster une lettre; nous ne prêtons pas particulièrement attention aux boîtes aux lettres… jusqu’à ce qu’on ait une enveloppe à y déposer!

4- Plan d’action

Notre objectif nous aidera donc à établir un plan d’action, incluant les étapes à suivre ainsi que les ressources nécessaires pour y arriver. Le plan d’action permettra d’avoir une vue d’ensemble sur la démarche de réorientation professionnelle en évitant les culs-de-sac ou les détours inutiles qui nous ralentiraient dans l’atteinte de notre objectif.

 

Les conseils de Julie

Lorsque l’on songe à se réorienter professionnellement, Julie propose de garder ces quelques conseils en tête pour s’assurer d’être confortable dans notre décision et efficace dans notre recherche de solutions.

Voici ses conseils, en rafale:

  • Rester à l’affût; en nous fixant des objectifs précis, nous sommes davantage en mesure de détecter dans notre environnement des opportunités pour les atteindre
  • Être accompagné: non seulement par un conseiller d’orientation, mais aussi par un conseiller financier si une baisse de revenus est à prévoir (que ce soit à court, moyen ou long terme).
  • Se demander: est-ce que je risque davantage de regretter de changer de carrière ou de regretter de ne pas avoir changé?
  • Se méfier des discours passionnés: nous recevons régulièrement des messages comme quoi on devrait tous raffoler de notre job, tous les jours et tout le temps, et que notre emploi à lui seul devrait remplir notre vie d’une joie incommensurable.  Il est important de demeurer critique face à ce discours pour ne pas idéaliser non plus notre futur boulot.
  • Profiter du bilan pour identifier nos compétences transférables à l’emploi envisagé (DROIT-INC propose un exemple intéressant ici)
  • Ne pas vivre dans le passé: devant certains obstacles rencontrés lors de notre cheminement, il est possible de ressentir une certaine nostalgie pour notre ancien poste. Lorsque les blues vous prennent, n’hésitez pas à ressortir votre journal quotidien qui vous a aidé à prendre votre décision à l’étape du bilan.

Pour demander conseil à Julie:

Je vous recommande fortement les services de Julie Gouin pour vous accompagner dans votre réflexion.  Vous trouverez d’autres conseils et réflexions sur son blogue ainsi que ses coordonnées pour la rejoindre.

 

Entre les lignes

Ne dites pas que vous êtes au chômage, mais entre deux emplois. Ne dites pas non plus que vous êtes célibataires, mais entre deux relations. Et vous n’êtes pas en appartement, mais entre deux maisons.

Combien de formulations obscures va-t-on encore inventer pour dire en fait que vous n’en avez pas, actuellement, d’emploi? Parce qu’en plus de lui imposer l’effort mental de comprendre que « ha, y’é au chômage », votre interlocuteur déduit également que vous l’assumez pas pantoute; et même que vous avez peut-être quelque chose à cacher à ce sujet…

Personnellement, je ne vois pas de mal à être sur le chômage – même si on dit aujourd’hui « assurance-emploi » – et je trouve même dommage qu’avec ce genre de formulation, on accentue sa stigmatisation.

Côté efficacité aussi, je doute que cette formule score beaucoup. Quelqu’un pourrait par exemple conclure que la personne « entre deux emplois » a justement déjà trouvé son futur emploi, et ne pensera pas à lui s’il voit passer une offre intéressante. Pas la meilleure façon de réseauter, donc.

Si vous craignez de vous faire juger par quelqu’un lorsque vous lui dites que vous êtes en recherche d’emploi, c’est que vous n’avez sûrement pas assez confiance en son jugement ni en sa grandeur d’esprit. Est-il nécessaire alors de lui mentionner quoique ce soit à votre sujet si vous ne lui faites pas confiance? Peu importe votre phrasage, cette personne trouvera toujours une manière de vous dénigrez si elle y tient.

Bref, si vous êtes au chômage, apprenez plutôt à chômer avec style!

La résolution tranquille

Le temps des fêtes est terminé. Laissant derrière nous les rencontres familiales festives, la gelée de canneberges, les réunions d’amis qui ne se voient qu’une fois par année et les lectures non productives.

Et bien que ce temps en soit un de réjouissances, il nous offre également une foule d’opportunités de nous comparer aux autres. V. a maintenant sa propre start-up à Mexico, M. travaille aux affaires étrangères avec les jets sets internationaux, C. a gardé sa taille du secondaire, A. a accouché de son deuxième cette année.

Mais qu’est-ce que j’ai fait moi?  À part faire un peu plus de cheveux blancs dans un bureau? À part ouvrir le cahier de La Presse + sur les jeunes leaders de demain pour voir la bette de ces moins de 30 ans qui marqueront leur domaine et soudainement me rappeler que j’aurai prochainement 33 printemps?

J’imagine que c’est pour cela que le temps des fêtes, c’est aussi le temps des résolutions.  Gonflés à bloc par notre propre sentiment de ne pas être assez, on veut être plus, on veut être mieux.

Cette année pourtant, je n’en ferai pas, de résolutions. Je veux me permettre d’être qui je suis à défaut de pouvoir être qui je veux.

Parce que ça fait deux ans que j’essaie de partir ce blogue, et qu’à chaque fois, l’image n’est pas assez belle à mon goût, le texte pas assez bien ficelé, le concept pas assez original.  Et j’efface tout. Et je recommence. Et je ré-efface tout.

Non, cette année, je ne ferai pas de résolutions pour être meilleure.  Mais je ferai celle où je me laisserai le loisir d’écrire avec quelques fautes d’ortographe, des phrases pas tout à fait justes.  En me disant qu’au moins, je réaliserai ce souhait d’écrire et de partager ces écrits avec vous.

Car 2016 sera pour moi l’année de la résolution tranquille.